A propos de responsabilité

Au siècle passé, il était possible de déployer du capital avec un focus unique sur le rendement des investissements (sans considération sur les conséquences), et d’être performant financièrement. De notre point de vue, ceci a fondamentalement changé.

Il faut retrouver la notion de responsabilité. Terme très à la mode aujourd’hui, mais les actes sont hélas souvent peu en ligne avec les mots. La responsabilité, c’est l’obligation de répondre de certains de ses actes, d’assumer ses promesses.

Un investisseur responsable aujourd’hui, c’est un investisseur « à large bande ». Un investisseur qui a compris qu’élargir le spectre était fondamental (une partie substantielle de la valeur et des risques d’une entreprise ne figure pas dans ses chiffres comptables). Un investisseur qui assume sa responsabilité non seulement vis-à-vis de ses clients, mais aussi vis-à-vis de la société au sens large. Un investisseur qui sait que les deux ne sont pas antinomiques mais au contraire se renforcent mutuellement, car déployer du capital dans l’économie réelle et de manière utile pour la société, c’est par la même occasion maximiser ses chances de réussite (bien sûr, il faut le déployer sur les bonnes valeurs / sociétés, et construire un portefeuille pertinent et équilibré).

A moyen et long terme, intérêt financier et utilité sociale sont parfaitement alignés. L’investisseur responsable va utiliser son capital pour permettre au monde de s’adapter aux formidables défis du XXIème siècle, tout en obtenant une juste rentabilité. Penser à long terme est une urgence tout autant qu’une opportunité.

Arnaud APFFEL

(réflexions extraites d’une série d’articles écrits pour Le Temps, parus en janvier-février 2019)